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Évolution des prix du carburant depuis 20 ans

En 2004, un litre de SP95 coûtait moins d'un euro. En 2022, certaines stations ont frôlé les 2,30 €. Entre ces deux extrêmes, deux décennies de fluctuations liées au baril de pétrole, aux crises mondiales, à la fiscalité — et parfois à des décisions politiques ponctuelles.

Les grands repères en chiffres

2004
~0,90 €
SP95 / litre
2012
~1,65 €
SP95 / litre
2016
~1,20 €
SP95 / litre
2022
~2,10 €
SP95 / litre
2024-25
~1,75 €
SP95 / litre
Ces valeurs sont des moyennes nationales approximatives. Les prix varient selon les régions, les enseignes et les périodes exactes.

La chronologie des grandes étapes

2004–2007
La montée tranquille Le baril s'envole progressivement de 30 à 100 dollars. Le SP95 passe d'environ 0,90 € à 1,35 €. La croissance mondiale — portée par la Chine et l'Inde — tire la demande vers le haut.
2008
Le pic à 147 $ le baril, puis l'effondrement Le baril atteint un record historique en juillet 2008, poussant le SP95 autour de 1,50 €. Puis la crise financière mondiale provoque une chute brutale : fin 2008, le baril retombe sous 40 $. Les prix à la pompe baissent, mais moins vite qu'ils avaient monté.
2010–2013
La longue période haute Avec la reprise économique et les tensions au Moyen-Orient, le baril se stabilise durablement autour de 100–120 $. Les prix dépassent 1,60 € en France. C'est la première fois que beaucoup de conducteurs prennent vraiment conscience du coût du carburant.
2014–2016
La contre-révolution du pétrole de schiste L'Arabie Saoudite décide de ne pas réduire sa production pour contrer le boom du pétrole de schiste américain. Le résultat : une surproduction mondiale qui fait s'effondrer le baril à 30 $ début 2016. Le SP95 redescend autour de 1,15–1,20 €, offrant un répit aux automobilistes.
2019–2020
Le Covid et le baril négatif En avril 2020, un événement sans précédent : le baril de pétrole américain (WTI) passe brièvement en territoire négatif. Les producteurs payaient pour que quelqu'un stocke leur pétrole, faute de débouchés. Les prix à la pompe atteignent des plus bas depuis des années — autour de 1,20–1,30 € — mais les Français ne conduisaient plus.
2021–2022
La flambée post-Covid et la guerre en Ukraine La reprise économique mondiale crée une demande en forte hausse face à une offre qui n'a pas suivi. L'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022 aggrave tout : la Russie est un acteur majeur du marché pétrolier. Le SP95 dépasse 2 € en mars 2022. L'État instaure une ristourne à la pompe (18 centimes, puis portée à 30 centimes).
2023–2025
Un retour progressif vers 1,70–1,85 € La fin des ristournes d'État, combinée à un baril qui se stabilise entre 70 et 85 $, ramène les prix dans une fourchette que beaucoup considèrent désormais comme "normale" — ce qui illustre à quel point le seuil psychologique s'est déplacé en vingt ans.

Ce que ça signifie pour le budget des ménages

En vingt ans, le coût du carburant a pratiquement doublé en valeur nominale. En tenant compte de l'inflation générale, la hausse reste significative. Pour un conducteur qui parcourt 15 000 km par an dans un véhicule consommant 7 L/100km, la facture annuelle est passée d'environ 950 € en 2004 à plus de 1 900 € en 2022 au pic.

+110 % C'est la hausse approximative du prix du SP95 entre 2004 et le pic de 2022, en valeur nominale.

Le rôle des taxes dans cette évolution

Une partie importante de la hausse s'explique par la hausse du prix du brut, répercutée à la pompe. Mais les taxes (TICPE + TVA) ont aussi évolué. La TICPE a augmenté à plusieurs reprises, notamment en 2018 dans le cadre de la transition écologique — ce qui avait contribué à alimenter le mouvement des Gilets Jaunes.

Un élément souvent oublié : la TVA à 20 % s'applique sur le prix total, taxes comprises. Quand le baril monte et que le prix hors taxes augmente, la TVA collectée par l'État augmente mécaniquement, sans que le taux ait bougé.

Et pour la suite ?

Difficile de prédire l'avenir des prix. Les analystes s'accordent sur quelques tendances : la demande mondiale reste forte à moyen terme, la transition vers l'électrique réduira progressivement la demande de carburants thermiques, et les tensions géopolitiques restent un facteur de volatilité permanent.

Ce qui est certain, c'est que les prix à la pompe ont cessé d'être prévisibles. Les conducteurs qui font l'effort de comparer les prix entre stations — quelques centimes de différence sur un plein représentent 2 à 4 € d'économie — ont toutes les raisons de continuer à le faire.

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